
Les bidons d’eau de javel mentionnent des pictogrammes de danger plutôt évocateurs, et une longue liste de précautions d’emploi. Et pour cause, elle contient des agents très corrosifs, dont le chlore, qui peuvent créer de graves dommages lorsqu’on entre en contact avec eux. Le pictogramme “danger corrosif” met notamment en garde contre les 2 risques majeurs suivants :
Mais l’eau de javel n’est pas seulement dangereuse en entrant en contact direct avec la peau ou les yeux. En effet, ses vapeurs sont également très nocives pour la santé. Elles peuvent notamment causer des irritations au niveau de la gorge, des poumons et du système digestif. Une exposition prolongée risque même d’engendrer des problèmes respiratoires plus sérieux. Ce risque est d’autant plus élevé si l’eau de javel est mélangée à d’autres substances, comme des produits acides ou de l’ammoniaque.
Et il va sans dire que l’ingestion d’eau de javel présente un risque encore plus élevé pour la santé, voire mortel. Voilà pourquoi il est toujours important de ne pas laisser les produits ménagers accessibles aux enfants et aux animaux de compagnie, et de bien refermer les bidons après utilisation. De même, bannissez l’eau de javel pour nettoyer les jouets des enfants : si vous pensez bien faire en désinfectant en profondeur, vous risquez au contraire de mettre votre enfant au contact d’un produit bien plus dangereux que les bactéries que vous cherchiez à éliminer.
L’autre pictogramme que l’on peut apercevoir sur les bouteilles de javel, c’est celui du “danger pour les organismes aquatiques”, en partie à cause du chlore qu’elle contient. Lorsqu’elle est rejetée dans les canalisations ou dans la nature, l’eau de javel se mêle à d’autres composants, qui la rendent d’autant plus toxique. Cela pollue alors les espaces aquatiques et a des répercussions sur la faune et la flore. D’autant que l’eau de javel n’est pas un produit biodégradable, et qu’au contraire, elle tue les bonnes bactéries qui permettent la biodégradation dans la nature, ainsi que celles qui font le travail de nettoyage dans les fosses septiques.
Si vous cherchez des solutions plus respectueuses de la planète pour faire votre ménage, l’hypochlorite de sodium est donc à bannir !
L’utilisation de l’eau de javel, et de certains autres produits ménagers chimiques, peut aussi endommager les surfaces que vous lavez. Étant corrosive, elle peut par exemple attaquer les métaux : elle accélère le processus de rouille, crée des taches et des piqûres et peut même détruire complètement certains métaux (plus encore s’il agit d’aluminium ou d’inox).
Il est également déconseillé, voire dangereux, de se servir de l’eau de javel pour l’entretien des revêtements suivants, car elle risque de les ronger et de les abîmer de manière irréversible :
Quand on fait la liste, il n’y a donc que peu de surfaces qui peuvent être désinfectées à l’eau de javel avec efficacité et en toute sécurité !
Et avec les tissus, il y a également des précautions à prendre, car le risque d’endommager les fibres textiles et de décolorer le vêtement est bien réel. Même pour blanchir du linge jauni, vous n’êtes pas à l’abri que l’eau de javel laisse des auréoles ou des traces jaunes, se révélant alors inefficace. Sans compter qu’un rinçage en profondeur sera nécessaire, pour qu’aucune particule de javel n’entre en contact avec votre peau via le vêtement.
Si vous n’avez d’autre solution que d’utiliser de l’eau de javel, là où les bactéries, champignons et virus résistent et doivent être éliminés, il faut faire preuve d’une grande prudence. Voici les principales recommandations d’usage pour garantir votre sécurité :
Par ailleurs, n’oubliez pas que l’eau de javel n’est pas un produit nettoyant, mais désinfectant. C’est pour cette raison que sur une surface sale, il faudra d’abord nettoyer, par exemple avec du savon noir, du liquide vaisselle, du vinaigre blanc, etc. puis rincer abondamment, avant de passer à l’eau de javel.
Enfin, gardez à l’esprit qu’il y a de nombreuses alternatives à l’eau de javel pour le ménage et l’entretien de la maison. On pense par exemple au bicarbonate de soude contre les mauvaises odeurs, au vinaigre blanc pour laver et assainir les joints de carrelage, au savon de Marseille pour détacher des vêtements jaunis, aux cristaux de soude pour le nettoyage de la salle de bain, à l’acide citrique pour détartrer, etc. Alors, essayez ces méthodes naturelles et non toxiques avant de faire le choix de l’hypochlorite de sodium, qui reste une solution à utiliser en dernier recours.

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